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Mon avis sur le documentaire d'ARTE sur la transe.

24 août
6 min de lecture

Une femme m'a dit, à l'issue d'une séance, qu'elle se croyait folle.


Son corps s'était mis à trembler. Tout seul. Sans qu'elle ait décidé quoi que ce soit. Et sa première pensée n'a pas été « qu'est-ce qui vient de se passer ? », mais « qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ? ».

Je l'ai entendue tellement de fois, cette phrase. Elle revient, sous une forme ou une autre, chez presque toutes les femmes que j'accompagne.

Alors quand ARTE a diffusé cette année un documentaire intitulé "Se soigner autrement : la voie de la transe", je l'ai regardé avec beaucoup d'attention.

Et je crois qu'il mérite qu'on en parle sérieusement, sans lui faire dire ce qu'il ne dit pas. Voici ce que j'en retiens, et ce qui, à mon sens, lui manque.


Amandine Pannier - Facilitatrice Yatra Kundalini Activation - Sarthe

De quoi parle ce documentaire


Il explore une question simple : et si la transe était une piste sérieuse face à la crise de santé mentale que traversent nos sociétés ?


Le film suit des équipes de recherche sur plusieurs continents. Une partie importante est consacrée à des protocoles cliniques utilisant des substances psychoactives, menés en milieu hospitalier au Brésil, en France et en Allemagne, sur des patients en dépression sévère ou en addiction.

Je mentionne ceci pour être complète, mais je m'arrête là : ces substances sont classées comme stupéfiants, leur usage est interdit en France hors cadre de recherche, et ce n'est pas mon domaine. Ni de près, ni de loin.


Ce qui m'intéresse commence à la moitié du film.

La partie consacrée à la transe, sans aucune substance.


L'histoire qui a tout déclenché


En 2001, une Française enregistre une cérémonie chamanique en Mongolie. Le son du tambour la fait basculer, sans qu'elle l'ait cherché, dans un état qu'elle ne connaît pas. Elle perd l'usage de la parole. Elle a l'impression de devenir un animal.


Ce qui m'a frappée, ce n'est pas l'expérience. C'est sa réaction juste après.

Elle n'a pas cherché à lui donner un sens spirituel. Elle a voulu vérifier qu'elle n'était pas folle. Elle est allée passer des électroencéphalogrammes.

Cette femme s'appelle Corine Sombrun, et c'est de là qu'est né tout un champ de recherche.


Corine Sombrun est écrivaine, musicienne et pionnière de la transe cognitive auto-induite (TCAI). Elle a cofondé en 2019 le TranceScience Research Institute, qui étudie ces états avec les neurosciences, et elle est à l'initiative des premiers diplômes universitaires sur la transe, à l'Université Paris 8. Elle est également l'auteure de La diagonale de la joie.


Ce que les chercheurs ont observé


Les équipes de neurosciences de Liège ont étudié son cerveau pendant ces états, puis ceux d'une trentaine d'autres personnes.

Leurs observations, telles que le documentaire les rapporte :

  • Un état non pathologique et réversible. On y entre volontairement, on en sort volontairement, sans séquelle. C'est précisément ce qui le distingue d'un trouble psychique.

  • Une connectivité cérébrale augmentée. Des régions du cerveau qui ne communiquent pas d'ordinaire se mettent à échanger. Les chercheurs relient cette hyperconnexion à un relâchement des schémas rigides, la capacité de regarder un même problème autrement.

  • Des effets mesurables sur le stress. Une étude portant sur une vingtaine de personnes pratiquant quotidiennement montre une meilleure réponse physiologique au stress. Les résultats sont préliminaires, sur un petit effectif, et les chercheurs eux-mêmes appellent à la prudence.


Corine Sombrun a depuis formé 400 chercheurs. Une quinzaine de protocoles sont en cours.


Ce que ça change pour les femmes que j'accompagne


Je vais être précise, parce que c'est exactement ici que la plupart des gens font un raccourci que je refuse de faire.

Ce documentaire ne valide pas la Yatra Kundalini Activation. Il n'en parle jamais.

La transe cognitive auto-induite étudiée à Liège est un protocole distinct, avec sa propre formation et ses propres études. Toute personne qui te dirait le contraire t'induirait en erreur.

Ce que ce documentaire apporte, autre chose.

Il dit que ces états existent. Qu'ils se mesurent. Qu'ils ne sont ni une pathologie, ni une simulation, ni un folklore. Qu'ils traversent presque toutes les sociétés humaines, à toutes les époques.

Et il dit une chose que je trouve bouleversante de simplicité : nos cerveaux sont câblés pour ça. Ce n'est pas un talent rare. C'est une capacité commune que notre culture a mise de côté.


Le documentaire s'ouvre d'ailleurs sur une image que je trouve parfaite :

à trois ans, tu écartais les bras et tu tournais sur toi-même jusqu'à tomber par terre en riant. Personne ne t'a dit que c'était dangereux. Personne ne t'a dit que tu perdais le contrôle.

Puis on a grandi. On a appris à se tenir. À rester correcte. À ne pas déborder.


La phrase que je garde


C'est une psychiatre berlinoise qui la prononce. Je la reformule dans mes mots : ce n'est pas pendant la transe que quelque chose se répare. C'est après. Dans ce que tu fais de ce qui vient de s'ouvrir, et dans la façon dont tu l'intègres à ton quotidien.


Autrement dit : la séance n'est pas le soin. Elle en est le point de départ.


Ce qui fait la différence, c'est l'après. Le moment où tu te retrouves seule, un mardi soir, avec la même vie, les mêmes contraintes, les mêmes personnes autour de toi. Et où quelque chose, s'est quand même déplacé.

C'est pour cette raison que je ne propose pas de séance miracle, et que je n'en ferai jamais la promesse. Je serais malhonnête, et tu le sentirais.


Ce que j'aurais aimé y trouver


Je vais être honnête : le film m'a laissée sur ma faim sur trois points.


Il ne donne rien à essayer. On sort de là fascinée, et complètement démunie.

Pourtant il n'y a pas besoin d'un laboratoire pour commencer. Mets un morceau au rythme régulier, ferme les yeux, et laisse ton corps bouger comme il veut pendant trois minutes, sans chorégraphie, sans miroir, sans personne. La plupart des femmes à qui je propose ça me disent la même chose : « je ne savais pas que j'avais le droit ».

Si tu prends un traitement ou si tu es suivie pour un trouble psychique, parles-en à ton médecin avant.


Ces états, tu les connais déjà sans le savoir

Le film ne le dit nulle part, et c'est dommage.

  • Le trajet en voiture dont tu ne gardes aucun souvenir.

  • Les dix minutes avant de t'endormir, quand les pensées deviennent des images.

  • La chanson qui te fait pleurer sans que tu saches pourquoi.

  • Le bercement d'un bébé, où c'est toi qui pars la première.

Ce ne sont pas des transes profondes, mais c'est la même porte. Tu l'as déjà franchie mille fois.


Il ne dit presque rien des limites. 

Ces états ne conviennent pas à tout le monde. Certaines personnes ont besoin de rester au contact du réel, pas de le desserrer. On sort parfois d'une séance secouée, pas apaisée. Et il faut du temps, souvent plusieurs séances, avant que quoi que ce soit se dépose.


Ce que je ne te dirai jamais


  • Que la transe soigne.

  • Qu'elle remplace un médecin ou un psychologue.

  • Qu'elle fonctionne pour tout le monde.


Ce que je propose ne se substitue à aucun suivi médical ou psychologique, et je ne te demanderai jamais d'interrompre quoi que ce soit. Si un praticien te dit un jour le contraire, quel qu'il soit, c'est le signal d'alarme le plus fiable qui existe.

La méfiance envers ce type de pratiques est saine. Il y a de vraies dérives dans mon secteur, et les personnes qui les dénoncent ont raison.


Pose toi ces questions simple, applique-les à moi comme à n'importe qui :

  • Est-ce qu'on t'éloigne de tes proches ?

  • Est-ce qu'on te demande toujours plus d'argent ?

  • Est-ce qu'on te décourage de consulter ?

  • Est-ce qu'on te dit qu'il n'y a qu'ici que tu t'en sortiras ?

Si la réponse est oui à une seule de ces questions, pars.



Pourquoi je t'ai écrit tout ça


Parce que la plupart des femmes qui poussent ma porte ont grandi avec l'idée que ce qu'elles ressentent dans leur corps n'est pas sérieux. Qu'il faut se raisonner. Que ça n'existe pas. Ça existe. On commence tout juste à le mesurer.

Et si ton corps a déjà fait quelque chose que ta tête n'avait pas décidé, s'il s'est mis à trembler, à pleurer, à lâcher sans prévenir, tu n'es pas en train de perdre pied.


Tu es en train de relâcher quelque chose que tu tiens depuis beaucoup trop longtemps.


Je m'appelle Amandine Pannier, je suis facilitatrice en Yatra Kundalini Activation en Sarthe, et j'accompagne des femmes qui n'en peuvent plus de tout tenir toutes seules.


Si tu veux qu'on regarde ensemble où tu en es, je propose un appel de 30 minutes, offert et sans engagement. Il m'arrive d'y dire que ce n'est pas le bon moment ... je préfère te le dire avant plutôt qu'après.





Et n'oublie pas: Libére · Respire · Rayonne 🌟


Documentaire cité : « Se soigner autrement : la voie de la transe », ARTE, 2026, disponible en accès libre sur la chaîne YouTube d'ARTE.

Cet article en propose une lecture personnelle et n'en reproduit aucun extrait.






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